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“Askip les noirs savent danser! »

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“Askip les noirs savent danser! »

Un son de Magic System ou de Tekno passe en soirée et là c’est le drame. Tous les regards de mes potes se posent sur moi. Évidemment je suis métisse donc “j’ai le rythme dans la peau”. Qui d’autres mieux que moi pourrais danser sur ce genre de rythme « exotique » ? Surtout pas un blanc. Que j’aime danser ou pas, que je sache danser ou pas, de toute façon c’est mon moment et je dois remplir mon contrat pour honorer mes racines. En plus de ça, mon père est danseur de danse afro-contemporaine, et apparemment, l’art de danser est héréditaire. Avant même de naître j’étais déjà prédestinée aux yeux des autres à savoir me mouvoir sur de la musique. Alors tant bien que mal je tente un ou deux petits pas de Gweta (danse urbaine du Togo) que j’ai pu voir dans un clip de Toofan. Ca ne vient même pas de chez moi, la Côte d’Ivoire, mais mes amis ont l’air satisfaits. J’ai dansé « à l’africaine », j’ai fait ce qu’ils attendaient de moi, tout va bien ! Cette réalité est la même quand je vais au pays. La danse fait partie intégrante de la société ivoirienne. Quand je retourne au village de ma grand-mère, nous sommes toujours accueilli au son des percussions. C’est mon moment, je ne dois pas décevoir et montrer que je suis bien la fille de mon père. Ma danse est maladroite, on se moque un peu, mais je le fais avec sourire et énergie et ça plaît à ma famille.

Mais une question me taraude, pourquoi devrais-je forcément savoir danser, et ce plus est, sur une rythmique particulière ? Pourquoi ma couleur de peau impliquerait automatiquement cette faculté ? Pourquoi mon amie blanche Justine ne pourrait pas être la reine du « Shoki » (danse originaire du Nigéria) ?

Ce mythe donne à voir une image, pour une fois, positive de la communauté noire et cette dernière aime à le revendiquer. Il n’y a qu’à faire défiler son fil d’actualités sur Insta ou Facebook pour tomber sur des vidéos partagées des millions de fois de jeunes reproduisant des pas de « N’dombolo » ou de « Skelewu ». En témoigne par exemple le compte média afro dance NWE (« Niggas With Enjaillement) qui totalise plus d’1,2 millions de followers sur Instagram. On ne compte plus le nombre de commentaires qui entretiennent ces idées reçues. « Ah oui elle danse comme une vraie ivoirienne ! », « C’est une africaine, normal qu’elle sache danser », « She’s definitly not Swedich because sweds have no rythm. », « Les babtous ne savent pas danser, mais elle… ».

Lire tout ça me surprend toujours. J’ai grandi dans un univers plutôt artistique. Avec un père et des tontons percussionnistes et danseurs, qui donnaient régulièrement des stages de danses africaines, traditionnelles et contemporaines. Il m’a toujours semblé naturel de voir des gens de toutes les couleurs de peau s’exprimer sur du moderne jazz comme sur du Tematé, du Gbébé ou encore du Zaouli (danses traditionnelles de Côte d’Ivoire). Ces danses sont certes très éloignées de la culture française et pourtant des blancs peuvent et savent très bien les danser. La danseuse Manon Corbice, surnommée Rokia, en est un exemple. Tombée amoureuse de la danse traditionnelle ivoirienne, elle maîtrise les danses guéré, mandingue ou le Gbégbé à la perfection. Elle est d’ailleurs professeure de danse et chorégraphe et partage sa passion entre l’Europe et l’Afrique. Ses cours ne désemplissent pas !

Alors pourquoi est-il difficile de concevoir qu’un blanc danse du coupé décalé et qu’un noir soit danseur étoile ?

Marie-Astrid Mence, est une autre danseuse qui défait tous ces préjugés. Jeune ballerine, elle est métisse et combat le manque de mixité dans la danse classique. « On s’attend à ce que les danseurs noirs ou métis fassent du hip-hop, quelque chose de plus exotique.» dénonce t-elle dans une interview pour AJ+.

Crédits photo: ASH

https://www.youtube.com/watch?v=RwjFTGsnPUc

Cette forme de racisme dans le ballet français l’a poussé à quitter le pays. Et lorsqu’on s’interroge sur les causes de cette absence de diversité, la réponse de Marie-Astrid est simple : sa morphologie. Silhouette trop cambrée, formes jugées trop généreuses, impossible pour elle de réussir dans un univers qui prône les corps fins, longilignes et de surcroît, blancs. Pourtant, son rêve est de vivre de sa passion et il n’est pas question de l’abandonner à cause d’un corps ou d’une couleur qu’elle ne peut changer ! En 2014, elle s’envole à Londres pour rejoindre la compagnie de danse « Black Ballet » qui célèbre les danseurs noirs et métis. Preuve de sa volonté de faire évoluer les mentalités, le Royaume-Uni propose même depuis peu des chaussons de danses et des collants adaptés aux peaux noires.

Crédits photo: Instagram @Freeoflondon

« Cela me donne enfin le sentiment de faire partie de l’industrie de la danse. Même si on doit travailler deux fois plus que les autres danseurs pour se faire reconnaître, le fait de trouver des chaussons à sa couleur nous inspire. Ce n’est plus un rêve, c’est réel et c’est maintenant. » se réjouit Marie-Astrid dans une interview pour Africanews. Auparavant, les danseurs devaient utiliser du fond de teint pour assombrir leurs chaussons roses…

Aux États-Unis, Misty Copeland est un modèle de réussite dans ce milieu fermé puisqu’elle devient en 2015 la première ballerine noire à obtenir le statut de danseuse principale de l’American Ballet Theatre créé en 1940.

Crédits photo: Henry Leutwyler/Grand Central Life &Style

« Je fais cela pour toutes les petites filles de couleur. Je veux leur ouvrir la voie car j’espère que ça facilitera leur parcours. Je prie même pour qu’elles me surpassent car ça signifierait que leur fardeau a été allégé, qu’elles peuvent entrer dans la lumière des projecteurs », revendique la danseuse qui a dû faire face aux préjugés.

Hip hop, moderne jazz, salsa ou rock, la danse est avant tout une affaire de ressenti, d’émotions et d’énergie. Même s’il peut être conditionné par notre environnement, notre rapport au corps et au rythme est avant tout spécifique à chacun et n’est pas déterminé par une origine ou une couleur de peau!

Anobla Aka

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