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Oui oui, vous avez bien lu... Aujourd'hui, Cindy nous présente les termes qu'elle a décidé de bannir de son langage ainsi que les termes qu'elle trouve stéréotypés.Nous vous proposons un nouveau format ! Des vidéos d’opinions où nous pourrons partager...

Rencontre avec Alphée Adimi, CEO de Visiter l’Afrique

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Introduction : Le monde entier célèbre l’amour aujourd’hui, la rédaction de Ayika’a revient sur ses couples, ses artistes, ses sportifs qui tout simplement nous inspire l’amour. Parce que l’amour est partout, c’est le moteur de nos cœurs, de notre vie et...

Adoptée, la revanche qu’elle prend sur la vie

C'est très jeune qu'elle a dût faire face à cette réalité : l'adoption Dans ce témoignage, découvrez l'histoire d'Affelya. Belle, intelligente et courageuse, elle a sût en tirer profit afin de se (re)construire...Et elle à accepté de nous raconter cette partie de son...

Asma : témoignage d’une franco-comorienne

Peux-tu te présenter rapidement ?

Je m’appelle Asma* et j’ai 23 ans. Je suis originaire de Lyon mais j’ai été amenée à bouger pour mes études entre Grenoble, le Royaume-Uni, et Paris. J’ai terminé mon Master il y a quelques mois et j’ai eu la chance d’être embauchée assez rapidement après la fin de mes études dans une agence de communication. Je n’exclus pas de partir à l’étranger dans le futur, et j’espère que ma carrière m’y portera, mais pour le moment, je reste à Paris.

 

Comment vis-tu le rapport avec tes origines ?

Je suis d’origine comorienne. Mes deux parents sont nés aux Comores et sont venus en France au début des années 80 pour y étudier et travailler et se sont installés dans l’agglomération lyonnaise. Mes frères et moi sommes les premiers de notre famille à être nés en France.

Pour être totalement honnête, je ne me suis jamais intéressée plus que ça à mes origines quand j’étais plus jeune. Avec le recul, je pense qu’il m’était difficile de m’attacher et  d’accorder de l’intérêt à quelque chose qui me paraissait si lointain et abstrait. J’ai grandi en écoutant ma mère parler des heures en comorien au téléphone avec ses parents et ses sœurs restés là bas. Des amis de la famille venaient régulièrement nous rendre visite, ou bien nous allions les voir, ma mère m’emmenait dans des mariages avec elle de temps en temps…et c’était là mon seul véritable contact avec les Comores ou la culture comorienne en elle-même. Je n’y suis allée que deux fois dans ma vie, la dernière fois étant lorsque j’avais deux ou trois ans : je n’en ai donc aucun souvenir, si ce n’est les photos conservées par ma mère ou les récits des souvenirs de mes tantes lorsque je les ai au téléphone. Je n’ai pas eu l’opportunité d’y retourner depuis. Ma mère m’en parlait souvent, mais je ne cherchais pas à en savoir davantage. Je savais que j’étais comorienne, mais j’étais née et j’avais grandi en France donc le pays et sa culture me paraissaient bien éloignés, voire trop, pour que je puisse m’y intéresser dans ma jeunesse. Je n’en avais pas honte, ce n’était juste pas une chose que je revendiquais ou à laquelle j’accordais de l’importance. Je pense que le déclic s’est effectué en deux étapes. A 17 ans, j’ai eu la chance d’intégrer une association mettant en avant la diversité et le dialogue interculturel et ainsi de rencontrer des personnes de milieux et d’origines très variées, ce qui m’a poussé à vouloir en apprendre plus sur ma propre culture. Puis, lorsque je suis partie de chez moi à 18 ans, loin des miens pour la première fois, je cherchais à me rattacher à quelque chose de familier. J’ai donc commencé à m’intéresser davantage au pays de mes parents.

Je suis née et j’ai grandi en France, et je suis française, mais je suis aussi comorienne. L’un ne doit pas exclure l’autre, malgré ce qu’on peut malheureusement lire, voir ou entendre dans les médias trop fréquemment. Ce n’est pas antinomique, être français ne doit pas systématiquement exclure le fait d’avoir d’autres origines. Pour ma part, je suis très fière d’être comorienne, d’être la seule fille de ma famille immédiate à être née et avoir grandi et étudié ici. Et j’ai hâte un jour de pouvoir retourner aux Comores et d’en apprendre encore plus sur qui je suis et d’où je viens.

 

As-tu déjà été confronté à une forme de discrimination ou de racisme ?

Les micro agressions c’est au quotidien. Ca peut aller à des petites remarques à priori innocentes et inoffensives aux commentaires un peu plus virulents. Quand j’ai mes tresses par exemple, les gens se permettent de me toucher les cheveux comme si j’étais un animal. Les petites phrases « mais tu te comportes pas comme une noire », « non mais t’es black mais pas vraiment, ‘fin tu vois moi je te vois pas vraiment comme black » (l’utilisation du mot black a aussi tendance à m’exaspérer, à croire que noir est un gros mot)… Les « t’es jolie pour une black », « t’as de la chance t’es claire, t’es pas trop foncée »… J’ai aussi eu droit à mon lot de garçons qui voulaient « savoir comment c’était avec une noire ». Comme si le fait d’avoir plus de mélanine faisait de moi une expérience, un objet, une sorte d’attraction qu’il fallait tester pour ne pas mourir bête. Ces remarques peuvent paraître anodines, mais elles reflètent réellement l’image stéréotypée et négative que certains individus se font des personnes de couleur, et c’est tout là le problème. Entendre ce genre de choses de manière régulière et répétée depuis son plus jeune âge a forcément un impact sur la perception que l’on se fait de soi même. Cela peut facilement devenir destructeur et mener à des problèmes de confiance et d’affirmation de soi.

Et le problème avec ces micro agressions, c’est que la plupart du temps, on se sent obligés de laisser passer au risque de réagir et de passer pour la « angry black woman » de service et ainsi renforcer certains stéréotypes. Ou bien de paraître trop susceptible (« roh ça va c’est qu’une remarque ya rien de raciste on peut rire de rien »). Pour ma part, j’ai entendu ce genre de remarques et pire dans tous les contextes, à l’école, au travail, en soirée, parfois même de parfaits inconnus. J’ai eu tendance à laisser passer pendant très longtemps, ne réalisant pas moi-même de suite l’absurdité de ces commentaires. Désormais, je ne me gêne plus pour reprendre les gens et les informer que leurs remarques sont déplacées, parfois inappropriées et que non, dire à une personne de couleur qu’elle « n’agit pas comme les autres » ne constitue en rien un compliment.

Mais il n’est pas toujours facile de réagir à certaine remarques virulentes prises de pleine face. Cet été, je sortais d’un restaurant avec des collègues et nous attendions sur le trottoir. Derrière moi, un monsieur cherchait à se frayer un chemin parmi nous. Il n’a pas dit pardon pour passer, je l’ai gentiment repris sur son manque de politesse, il m’a insulté, je lui ai souhaité bonne journée, et cela s’est terminé par un « ferme ta gueule sale noire ». De pleine face, dans la rue, au milieu de près d’une dizaine d’autres personnes, sur le coup je suis restée immobile une bonne dizaine de secondes. Mes collègues (majoritairement blancs) étaient scotchés aussi et ne savaient pas trop comment réagir, même si certains ont tout de même crié après le monsieur. J’ai ensuite eu un élan de colère et j’ai voulu le rattraper dans l’optique, très honnêtement, de l’insulter de tous les noms, lui ses ancêtres et sa descendance. Une collègue m’a retenu en me disant que dans tous les cas ça se retournerait contre moi, et je savais pertinemment qu’elle avait raison, mais cela ne changeait rien. Tout l’après midi, je voyais rouge. J’en voulais à ce monsieur certes, mais je pense que j’étais encore plus en colère contre moi-même de n’avoir pas réagi, je m’en voulais. Au fond de moi, je sais que j’ai eu la réaction adéquate. Mais je ne pouvais pas m’empêcher d’être frustrée de n’avoir pas pu sur le coup, le remettre à sa place. Tous mes collègues m’ont félicité pour mon « sang froid », mais cela m’importait peu. Une de mes collègues a eu une réaction à laquelle je m’attendais, en ramenant cela aux fois où elle avait elle-même été appelée sale blanche. Une collègue et moi lui avons alors expliqué en quoi les deux remarques, sale noire et sale blanche, bien que blessantes toutes les deux n’avaient pas du tout le même impact. C’est une conversation à laquelle j’ai été confrontée maintes et maintes fois par le passé, et bien souvent je me retrouve face à un mur. Ce n’est là que mon opinion, mais être traité de sale blanc ou de  babtou peut bien entendu être perçu comme blessant, mais ce n’est pas raciste. Le racisme étant systémique, se faire traiter de babtou n’aura aucun impact sur la vie de la personne injuriée dans la société, sur sa capacité à trouver un travail ou un logement, car il n’y a aucun historique raciste ou préjugé discriminatoire rattaché à ce mot, ou aux blancs. Ce qui n’est malheureusement pas le cas pour les autres minorités.

Pour ce qui est de la discrimination pure et dure, je pense la vivre d’une certaine manière en ce moment. Je suis en pleine recherche d’appartement et cela semble s’avérer encore plus difficile lorsque l’on porte un nom à consonance un tant soit peu étrangère. Après de nombreux messages laissés sans réponses, j’ai donc fait un test. J’ai relancé un propriétaire que j’avais déjà contacté à deux reprises, sans retour, en signant de mon vrai nom. J’ai ensuite envoyé un message, signant cette fois-ci d’un nom à consonance jugée plus « française ». Les deux messages ont été envoyés à 5 min d’intervalle. Je vous laisse deviner lequel a reçu une réponse dans le quart d’heure suivant l’envoi et lequel reste encore, à ce jour, sans réponse. J’ai retenté l’expérience à quelques reprises, et la même chose s’est produite à trois reprises. Mes mails sont restés sans réponses, tandis que ceux de mon alter ego au nom francisé ont reçu des réponses assez rapidement. Mis à part le nom qui changeait, les deux présentations de profil étaient similaires, j’indiquais même gagner moins que mon véritable salaire sur mon faux profil. Cela ne semblait pas poser de problèmes aux propriétaires qui lui répondaient mais laissaient mes messages sans réponses. Cette situation est frustrante, je me sens désemparée et en colère, mais je continue mes recherche et je garde espoir car j’ai également parfaitement conscience que la grande majorité des gens sensés ne jugent pas un futur locataire sur son simple nom.

Je pense que beaucoup de personnes ne se rendent pas compte de l’impact de leurs mots et actions. Il reste encore énormément de gens à éduquer et informer, mais malheureusement certains resteront toujours campés sur leurs positions arriérées. Mais cela ne doit pas nous ralentir. Le racisme et la discrimination sont ancrés dans notre histoire, et le meilleur moyen de les combattre est pour moi de continuer à en parler et dénoncer, de ne pas laisser certaines situations se perpétuer en se disant que de toute manière c’est comme ça, nous avons l’habitude et  nous n’y pouvons rien. C’est un combat de longue haleine, mais c’est le plus important et le plus gratifiant.

 

*le prénom a été modifié

Anobla Aka

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