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Melie Tiacoh, entre mannequinat et détermination

1) Peux-tu nous faire une présentation brève de toi?

Je suis née à Paris et ai grandi à Abidjan. Je suis issue d’une famille très cosmopolite au sein de laquelle j’ai appris la tolérance et dont je ressors riche culturellement parlant. J’ai vécu dans 5 pays différents qui m’ont beaucoup appris sur moi même et les autres. Cette expérience de vie a également forgé la jeune femme que je suis devenue aujourd’hui et m’a permis d’être suffisamment forte et indépendante pour assumer le dur métier que j’exerce.

 

2) Qui es-tu? D’où viens-tu? Quel âge as-tu? Quelles sont tes origines?

Ma mère est d’origine Libanaise et Guinéenne et mon père Ivoirien et Italien. Je suis née à Paris et ai grandi à Abidjan, mais comme grand nombre d’entre nous jeunes Ivoiriens, j’ai eu à faire pas mal d’aller-retours entre ces deux villes durant mon adolescence pour les vacances ou pour des raisons scolaires. Je me décrirais comme étant une femme-enfant de 26 ans, pétillante et pleine de détermination.

 

3) Pourrais-tu décrire ta personnalité en 3 mots?

Mes proches me décriraient comme étant une personne drôle, déterminée et très sensible. Et que j’ai un appétit d’ogre… mais je n’ai droit qu’à 3 mots!

 

4) Peux-tu nous parler de ton parcours avant d’entrer dans l’univers de la mode?

Depuis très jeune, je nourrissais le rêve d’être mannequin, surtout que ma mère aurait dû l’être si sa famille, à l’époque prise de peur, ne le lui avait pas empêché. En Côte d’Ivoire, j’avais fait quelques publicités et était l’une des mannequins de Zakaria Koné, aujourd’hui Pelebe, qui lui nourrissait le rêve d’être styliste et préparait son premier défilé. Après mon bac, je suis allée poursuivre mes études au Canada. J’ai étudié la finance et l’informatique. Je comptais me présenter dans une agence à mon arrivée à Montréal, après avoir pris mes marques d’abord, mais je me suis très rapidement faite scouter.

 

Toi et la mode:

 

5) Comment as-tu fait tes débuts dans la mode? Depuis combien de temps exerces-tu dans ce domaine ?

Je me suis faite arrêtée à plusieurs reprises dans les rues de Montréal. On me recommandait d’être mannequin mais je ne connaissais pas grand chose du milieu de la mode et je ne savais surtout pas quelles étaient les meilleures agences où appliquer. Je me suis faite scouter quelques jours après mon arrivée, cette fois-ci par une Américaine qui m’a recommandé de me présenter à l’agence Next, chose que j’ai faite deux semaines plus tard. Je suis allée aux open calls, sans expérience aucune ni book, mais pleine d’espoir et de volonté. J’ai été signée le jour même. C’était le 24 Février 2010. Cela fait donc bientôt 8 ans que j’exerce ce métier qui me passionne.

 

6) As-tu toujours voulu exercer ce métier ou le métier est-il venu à toi ?

J’ai toujours voulu exercer ce métier et comme ma mère, il est venu à moi. Contrairement à elle, et pour elle, j’ai décidé de saisir ma chance et de ne laisser rien ni personne me dissuader de travailler dans cette industrie qui m’a toujours fascinée.

 

7) Sur quels segments de la mode te positionnes-tu? Pour quels types de campagnes as-tu posé? Pour quels créateurs ?

Je suis considérée comme un « Fashion Model ». Je suis sur le « Main Board » de l’agence NEXT à l’échelle internationale (New York/Los Angeles/Miami/Paris/Londres/Milan/Canada). NEXT a tout type de clients. Être sur le « Main Board » signifie que je suis proposée à une large palette de clients, tous les clients de l’agence, qu’ils soient éditoriaux (magazines, directeurs de casting de la fashion week, etc.) ou commerciaux (advertising, beauté, etc). Je ne suis donc pas limitée par un segment en particulier. La différence entre « Main Board » et « New Faces » c’est que les mannequins du Main Board ont de l’expérience dans le domaine; les « New Faces » viennent de commencer et ont donc peu d’expérience.

J’ai eu la chance de travailler avec d’incroyables créateurs et photographes, mais je garderai toujours gravés dans ma mémoire mes campagnes pour Dior Beauté et Vera Wang. J’ai également travaillé pour des marques telles que Swarovski, Tom Ford, Ralph Lauren, Estée Lauder, Elizabeth Arden, Sephora, MAC. Je fais beaucoup de beauté.

 

8) Raconte-nous un peu les coulisses d’un défilé? (si possible)

Le call time est souvent 4 heures avant le défilé, parfois plus, pour s’assurer qu’il ya suffisamment de temps pour maquiller et coiffer les mannequins, ainsi que pratiquer la marche.

 

Il y a en backstage la partie maquilleurs et coiffeurs. Les maquilleurs ont un « Head Make Up Artist » et les coiffeurs un « Head Hair Stylist ». Ce sont eux qui ont préalablement décidé du maquillage et de la coiffure pour le défilé et l’ont testé sur un mannequin quelques jours avant; les photos du mannequin en question servent donc de référence aux assistants maquilleurs et coiffeurs. Les Head Make Up Artist and Hair Stylist s’assurent du check up. Il y a à manger et à boire toujours à disposition. Il y a également un tableau avec les photos de chaque fille dans leur tenue, par ordre de passage, avec prénom et numéro en dessous. Ces photos ont également été prises au préalable, lors des essayages. Chaque mannequin a un assistant qui l’aidera à se changer pendant le défilé. 

 

Les mannequins sont généralement épuisés pour avoir peu dormi depuis plusieurs jours, après avoir enchaîné une dizaine de castings par jour suivis de nombreux essayages. Les journées commencent très tôt et finissent très tard, il y a des confirmations et annulations de dernière minute et le stress est à son comble pendant le défilé. Lors des shows, c’est la course en backstage: il ya peu de temps pour défiler et il faut s’assurer que chaque mannequin à la bonne tenue et les bons accessoires et soit pile à temps sur le T.

 

La fashion week est une période stressante pour les mannequins et n’est pas la préférée.

 

9) Tu es basée à New york?  Qu’est-ce qui t’a poussé à t’y installer ?

New York est la capitale de la mode et peu de mannequins ont la chance de pouvoir y exercer. La compétition y est rude et c’est une industrie de requins. C’est donc gratifiant de savoir qu’on est signé par une agence New Yorkaise qui souhaiterait que l’on y travaille. Mais c’est également un challenge d’y vivre et d’y poursuivre sa carrière. Je n’ai donc pas hésité, deux semaines après ma graduation, à m’installer dans cette « jungle », ville là où tout est possible.

 

10) As- tu déjà eu l’opportunité de travailler sur des événements tels que la Fashion week?

Oui, à New York et à Paris, mais je fais beaucoup plus de beauté que de défilés. Comme je l’ai dit plus haut, je ne suis pas confinée dans un segment particulier de la mode. Cependant, tous les mannequins ne se ressemblent pas. Il y en a de très grands, et d’autres moins; certaines filles ont un style plus androgyne que d’autres. Les beautés sont très diverses! En fonction de son style, on a plus de facilités dans un segment que dans un autre, même si cela ne signifie pas qu’on est limité à un segment en particulier. Dans ma carrière, à ce jour, j’ai décroché beaucoup plus de jobs beauté et de campagnes.

 

11) Pourrais-tu décrire le marché de la mode aux Etats-Unis comparé à celui de la France?

Le marché de la mode aux Etats-Unis est beaucoup plus divers, beaucoup plus riche. On y trouve tous les clients, du moins la majorité. Les plus grands photographes et mannequins sont basés ici. De nombreux magazines internationaux shootent à New York également. Il y a aussi beaucoup d’E-Comm (commerce en ligne – les mannequins qui portent les vêtements sur les sites de vente en ligne tels que zara.comhm.com, etc. ) et donc même en période basse, il y a de quoi faire parce qu’il y a toujours de l’inventaire à shooter. En tant que mannequins, on a donc beaucoup plus de travail et de chances de décrocher de gros contrats. Et biensûr on est beaucoup mieux payés et beaucoup moins taxés qu’en France. Un autre avantage est que ce marché est plus diversifié et qu’un mannequin noir ou asiatique travaille beaucoup ici parce qu’il ya un quota à respecter.

 

12) Pour résumer, comment décrirais-tu ton expérience?

Extraordinaire, pleine de défis et de surprises, négatives comme positives. Être mannequin, c’est faire les montagnes russes tout le long de sa carrière. On n’est pas maître de son destin même si on peut y contribuer en sachant prendre les bonnes décisions au bon moment et en travaillant toujours de façon professionnelle. Tout peut arriver comme prendre fin le lendemain. Mais tout est possible!

Je n’aurais jamais pensé accomplir ce que j’ai pu accomplir aujourd’hui et j’en suis très reconnaissante, mais j’aimerais plus. Il y a des objectifs que je n’ai pas encore atteints. C’est ce challenge là que j’aime. Mais c’est aussi et surtout de travailler avec différentes équipes, toutes aussi passionnées et inspirantes les unes que les autres, et de pouvoir voyager aux quatre coins du monde et découvrir d’autres cultures que j’adore.

 

13) Quels sont tes projets sur du moyen terme ou long terme ( 5 – 10 ans).

J’adore mon métier et je travaille pas mal. Je fais également plus jeune que mon âge et j’ai encore de la marge. J’ai donc décidé de profiter du moment présent, je ne me pose pas mille questions comme j’ai pu le faire dans le passé parce que la vie est pleine de surprises et qu’on ne peut rien planifier. Je n’avais pas prévu de vivre la vie que je mène aujourd’hui et ne pense pas pouvoir prévoir mon avenir non plus. Avoir un plan de vie et s’y tenir ne garantit pas le bonheur. Mais cela ne signifie pas qu’il ne faut pas penser à son futur et avoir des projets. J’épargne et investis. Je passe également des examens professionnels en Finance en parallèle afin d’élargir mes connaissances et de me garantir un back up suffisamment solide. Et je nourris d’autres projets. La vie me mènera là où elle souhaite me mener; tout ce que je peux faire aujourd’hui c’est de prendre des décisions intelligentes et d’être heureuse.

 

Comme tu le sais, au sein d’Ayika’a nous nous sommes données pour mission de valoriser les femmes noires et métissées pour qu’elles soient plus justement représentées dans les médias…

 

14) Fais-tu face à des difficultés ou rencontres-tu des obstacles en tant que jeune  femme métissée? Si oui, donne-nous des exemples.

Biensûr qu’un mannequin ethnique rencontre plus de difficultés qu’un mannequin blanc. Il y a beaucoup moins de mannequins noirs et asiatiques que de blancs. Il n’y a qu’à regarder les défilés ou encore les sites des agences de mannequins pour s’en rendre compte. Cela nous rend la compétition encore plus rude. Nos chances sont plus limitées. 

Disons qu’on a une option pour un défilé et que le designer prévoit de booker 3-4 filles noires. Il y a de grandes chances qu’il prenne les filles noires qui sont en vogue pendant la saison tandis que les filles blanches ont plus de chance de confirmer le show. J’ai également eu des options pour de gros magazines en France où on m’a beaucoup aimée mais, vu que j’ai la peau foncée, on préférait attendre des saisons telles que le printemps ou l’été pour me booker et me faire « porter des couleurs vives ».

Ce métier peut être très éprouvant pour le mental, il faut être fort pour pouvoir tenir. Je suis très contente des changements que l’industrie a connu ces dernières années à ce niveau; mais la pression du social media est le nouveau challenge auxquels les mannequins, tous cette fois-ci, doivent maintenant faire face.

 

15) Quels conseils donnerais-tu aujourd’hui à une jeune fille noire ou métissée qui voudrait se lancer dans le monde de la mode?

Je lui dirai de finir ses études si possible afin d’avoir un back up, parce que le succès dans cette carrière n’est pas garanti et qu’il est toujours préférable d’avoir l’esprit tranquille en ayant un diplôme. Il est mieux de commencer sa carrière jeune, donc je lui recommanderais de faire du mannequinat en parallèle, mais que ca ne prenne pas le pas sur ses études. Il ne faut également jamais baisser les bras. Une agence vous dira que vous n’avez pas le potentiel ou qu’ils ont déjà atteint leur quota, mais vous serez certainement le style d’une autre agence qui n’aura signé encore aucune fille comme vous. Les tendances changent très rapidement dans ce métier; il fut un temps où c’était les grandes blondes de 15 ans, maigres. Aujourd’hui ce sont les filles fit ou encore celles qui ont un grand nombre de followers. Il faut donc toujours croire en soi et fixer ses objectifs haut. Et si ca ne marche pas, ca ne marche pas. La vie est pleine de surprises et être mannequin est certainement pas la carrière qui vous rendra heureux; le mannequinat n’est pas non plus une fin en soi. Bonne chance!

 

 

16) Pourquoi as-tu accepté l’interview proposée par Ayikaa? Que penses-tu de ce projet?

 Je trouve votre concept intéressant et je suis heureuse de pouvoir répondre à vos questions afin que les jeunes filles noires ou métissées, qui s’assimilent à moi et nourrissent le rêve d’être mannequin ou souhaitent tout simplement en apprendre plus sur ce métier, puissent me lire et découvrir le mannequinat. Je vous souhaite une bonne continuation!

 

Voilà. Sens-toi libre d’élargir au niveau des réponses et n’hésite pas à me contacter au cas où il y aurait des incompréhensions.

 

Je te souhaite une bonne journée et à bientôt.

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