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Cliquez ci-dessous pour lire

☟C’est par là ! ☟

Traduction en français - Part 1

Cindy : Bonjour tout le monde
Aujourd’hui, l’équipe Ayika’a est en Afrique du sud, plus précisément à Cape Town, et nous avons la chance d’interviewer Lisa ici. Lisa sera notre invité du jour, et nous allons parler plus en détails de l’Afrique du Sud, de Cape Town et d’elle. C’est parti.

Générique

Cindy : Bonjour Lisa, merci d’avoir accepté cette interview pour Ayika’a.

Lisa : Pas de problème. Merci de d’avoir invitée.

Cindy : Peux-tu nous en dire plus sur toi ?

Lisa : Je suis moitié Sud-Africaine, moitié Suisse. Je viens de finir ma première année d’étude. J’étudie en décoration d’intérieur et architecture, et j’adore. C’est quelque chose de personnel pour moi.

Cindy : Pourquoi avoir fait ce choix ?

Lisa : Pourquoi ces choix ? Alors, parce que … Je pense …Je ne sais pas. Dans ma chambre, ce n’était pas exactement beau. Mais je veux dire, j’ai toujours été reconnaissante rien que du fait d’avoir un toit. Mais je pense que c’est vraiment important pour une personne rentrer chez elle, et ne pas juste rentrer dans une maison quelconque. Parce que […] Tu veux revenir dans un endroit beau.

Cindy : Okay. Maintenant, nous allons parler plus de l’Afrique du Sud. Nous l’appelons la nation de l’arc-en-ciel. Peux-tu nous parler de la différence culturelle et ethnique.

Lisa : Oui. Hum, il y a de nombreuses cultures différentes en Afrique du Sud, ce que j’adore absolument. Beaucoup de diversité également.  C’est toujours beau de voir des groupes, genre restés ensemble, mais je pense qu’à Cape Town il y a beaucoup de groupes hétérogènes également. Ce qui est vraiment beau à voir après notre long passé historique.

Cindy : Mais combien d’ethnies y-a-t-il ?

Lisa : Je pense que ça dépend de si tu parles des Zulus et tout ?

Cindy : Oui.

Lisa : Je ne suis pas vraiment sûre. Je pense que … combien y-a-t-il ? Je pense un grand nombre, Il y en a vraiment beaucoup.

Cindy : 11 ?

Lisa : Non, là, il s’agit plutôt des langues, les langues officielles.

Cindy : Oh, si si si. 11 ?

Lisa : Hum hum. [affirmatif]

Cindy : Comment décrirais-tu l’intégration des races 23 ans après l’apartheid ?

Lisa : Comme je l’ai dit, il y a toujours des groupes qui restent entre eux, mais il y a d’autres personnes qui … Il faut qu’on oublie. Pas nécessairement qu’on oublie, mais il faut trouver un moyen d’aller de l’avant. Si on s’y accroche, ça ne va jamais s’arrêter.
Donc après ce temps, j’apprécie, je respecte ces personnes qui ont trouvé le moyen de laisser tout ça derrière et trouver le moyen d’avancer.

Cindy : Pour moi qui suis français, je pense que je vois les Africains ensemble, les colorés ensemble. Donc quel est le climat social ? Comme tu l’as dit, certains groupes sont hétérogènes mais ce n’est pas l’impression que j’ai.

Lisa : Je te comprends. Je pense que c’est relié à la personnalité et à la culture. Les Afrikaans peuvent être vraiment tête dure sur ce sujet, et ils sont vraiment anti-colorés, si tu vois ce que je veux dire. Et évidemment, les colorés et les noirs ne vont pas vouloir nécessairement se mélanger à eux à cause de ce qu’ils pensent. Je ne juge personne, mais je pense que c’est juste ridicule et stupide.

Cindy : Et tu te considères colorée. Tu dois nous expliquer cela. Parce que moi, je ne suis pas colorée mais toi, tu te considères comme coloré.

Lisa : Oui, alors je suis coloré en partie. Je pense que beaucoup de gens sont confus et ne savent pas ce que coloré signifie. Essentiellement, c’est une culture à part entière. C’est le résultat de noir et blanc. C’est comme “métisse”, à l’étranger, mais tu ne peux pas toi être appelé « coloré » parce que tu n’as jamais connu la culture d’être coloré.

Cindy : Ah, c’est une culture.

Lisa : Oui c’est une culture propre à l’Afrique du Sud.

Cindy : Okay, okay. Alors, l’Afrique du Sud est aussi appelée le pays de l’Art, et Cape Town la capitale de l’Art. Selon toi, pourquoi l’art est aussi important ici dans ce pays ? Si tu peux nous en dire plus, aussi si tu connais des événements artistiques intéressants auxquels participer à Cape Town que tu pourrais nous recommander.

Lisa : Je pense que l’art est vraiment important pour les habitants de Cape Town, pour les Sud-Africains en général, parce que c’est un moyen d’exprimer ses sentiments, ses émotions et tout. Also, peut-être juste faire une réflexion sur le passé. Il semble que tout se ramène au passé, à l’apartheid. Donc il s’agit d’essayer de montrer un futur à travers l’art. Beaucoup d’œuvres d’art contemporain l’ont fait, c’est magnifique. J’adore ! C’est beau de voir une perspective.

Cindy : Alors tu as des événements ?

Lisa : Oui, il y a un événement, qui est vraiment bien, que vous devriez tous essayer. Il est appelé Premier Jeudi, donc il a lieu le premier jeudi de chaque mois et en gros, tout le monde y va, que le temps soit beau ou pas, c’est le lieu où être !

Cindy : C’est stupéfiant ! (Rires)

Lisa : Oui ! Et vous pouvez en avoir de gratuits ! À certains endroits, pas tous ! (Rires)
Marcher le long des rues, visiter des galeries, magnifique.

Cindy : Absolument !

Traduction en français - Part 2

Break – vidéo

Cindy : Maintenant nous parlerons plus de -parce que Lisa est mannequin à temps partiel- sa carrière. Donc quand as-tu commencé le mannequin et comment as-tu été repérée 

Lisa : J’ai commencé à faire du mannequinat à la fin de l’année 2014. J’ai été signé un peu après 2015. Alors j’ai été beaucoup approchée dans les rues par d’autres mannequins, ou d’autres chasseurs de têtes. J’ai beaucoup entendu parler de Ice models. J’ai beaucoup entendu parler de différentes agences mais Ice models se démarquait.  Et je me suis dit que je ne vais pas perdre mon temps, je vais juste le faire. Je leur ai écrit un courriel dans la nuit, et le lendemain ils ont demandé à me voir.

Cindy : Et ils t’ont acceptée !

Lisa : Oui (rires)

Cindy : Comment décrirais-tu ton expérience jusque-là ? Est-ce difficile ou pas, as-tu des difficultés quelques fois ?

Lisa : C’est plutôt juste. Il y a des problèmes avec mon poids, comme tu en sais quelque chose. Ils se plaignent que tu sois trop mince, ou trop grosse. Un jour, on s’est assis et ils m’ont dit : “Okay, tu es parfaite, au niveau du visage, mais tu as besoin de prendre du poids”. Okay, mais ne pensez-vous pas j’ai essayé de faire ça non seulement pour vous mais pour moi-même également ?! Donc, j’ai dû aller voir un nutritionniste et essayer de prendre du poids. J’ai pris 6 kg et cela ne se voyait même.

Cindy : À cause de ta morphologie ?

Lisa : Oui, à cause de ma morphologie

Cindy : Je suis mannequin également et je comprends. Dans mon cas, je devais voir un nutritionniste mais plutôt pour perdre du poids, parce qu’il me disait que j’avais trop de muscles. C’est fou !

Lisa : C’est ridicule.

Cindy : Es-tu plus mannequin commercial, ou qui défile ou les deux ? Lequel préfères-tu ?

Lisa : Je suis plus commerciale, je préfère cela, j’adore faire des séances photos. Je déteste défiler. Je ne l’ai jamais et je ne suis pas intéressée.

Cindy : Pourquoi détestes-tu ?

Lisa : Parce que, je ne sais pas. Je vois ce qu’on fait faire à ces mannequins, leur mettre des talons aiguilles et en plus espérer qu’elles ne se cassent pas les chevilles durant le défilé. Je pense que c’est de la torture. Je n’aime pas cela.

Je préfère être à des séances photos, la caméra autour de moi.

Cindy : C’est plus ta personnalité.

Lisa : Oui, je sens que je peux établir une connexion avec la caméra.

Cindy : Étant d’origine mixte, penses-tu qu’on a les mêmes opportunités que les personnes de peau blanche ?

Lisa : Absolument pas. Si tu regardes les campagnes, il n’y a pas beaucoup de diversité je pense. Disons que quand j’avais 18 ans, j’ai vu une grosse campagne. Il y avait 6 personnes, une d’elle était noire et le reste était blanches. Quand je vois ça, je ne vois pas “Oh quelle diversité”. Je vois juste “ oh, on va juste y mettre une personne noire pour ne pas que l’on pense qu’on est raciste”. Tu vois ce que je veux dire ?

Cindy : Oui

Lisa : Mais c’est vraiment l’impression que cela donne. Certaines personnes ne le voient pas, mais moi je le vois directement, tout de suite.

Cindy : Ils mettent 5 filles blanches pour leur diversité et pour nous, une seule. Comme si toi, moi, nous devons nous voir représenté par cette seule femme noire.

Lisa : Ou ils vont mettre une personne aux origines mixtes comme nous…

Cindy : Oui, oui.

Lisa : Pour montrer que tu es noire, mais on ne l’est pas. Je trouve que c’est ridicule. Je trouve cela triste, et dégoutant.

Cindy : En général, que pense-tu de l’industrie de la mode ?

Lisa : C’est une industrie vraiment sale, vraiment. Remplie de personnes fausses. Ça l’est simplement. Je pense qu’il se passe quelque chose au niveau de la race également : pourquoi est-ce que la majorité doit être blanche ? As-tu déjà vu une campagne où la majorité est noire, et avec cette seule fille qui est blanche ?

Cindy : Non.

Lisa : Je n’en ai jamais vu. Si vous en avez vu, s’il-vous-plait, envoyez-nous là. J’adorerais la voir.

Cindy : Et par rapport à Ayika’a, quand j’ai commencé le projet, beaucoup me disaient que je n’avais plus à faire ça parce que maintenant, on en voit des noirs. Et je leur ai dit mais c’est juste une comparativement au nombre de blancs. Et après ils réalisent, mais bon, je pense que c’est un problème,
Mais qu’est-ce qui te donne la force de continuer dans ce monde fou ?

Lisa : D’abord la paie, soyons honnête. C’est facile. Et je veux définitivement parvenir à être une source d’inspiration pour d’autres, pour apprendre aux gens qu’ils sont qu’ils soient blancs, noirs, mixtes. Tout le monde est beau à condition d’avoir une bonne personnalité. Je trouve ridicule de baser la beauté sur la couleur de peau.

Cindy : Maintenant nous parlerons de ton expérience internationale. Je sais que tu es allée à Milan en septembre. Peux-tu nous en dire plus sur cette expérience, et la différence entre être un mannequin ici en Afrique du Sud et en être un en Europe ? Les différences que tu as vues ?

Lisa : Milan était incroyable. L’endroit même. Je suis en partie italienne, et c’était fabuleux de visiter l’endroit. C’était vraiment magnifique, j’ai adoré. J’aurais aimé visiter plus d’endroits en Italie en général.

Ce que je n’ai pas aimé, c’est que mon agence n’était pas tellement bonne. Il y a juste deux personnes dans l’agence que j’aime vraiment. À part ces deux-là, j’ai senti que beaucoup étaient. J’imagine que c’est une industrie remplie de faux. Je me dis : pourquoi ? Si tu as quelque chose à me dire, juste dis-le moi en face. Mais, en tout cas. Je préfère être mannequin à Cape Town, définitivement. Je veux dire j’ai eu des jours incroyables de séances photos, mais je sens que Cape Town c’est chez moi, c’est tellement mieux ici.

Cindy : Et tu as dit que les personnes ici étaient plus humaines.

Lisa : Oh oui oui. Absolument, Mon agence ici me connait. Tu ne peux me mentir ou faire ce que tu veux parce que j’ai grandi ici.

Cindy : C’est ton pays.

Lisa : Exactement. S’ils ont quelque chose à me dire, ils me le disent en face.

Cindy : Et en général, je sais que tu n’y es restée qu’un mois, mais quelles sont les différences que tu as pu constater entre ici et l’Europe ? pas seulement coté mannequinat, le climat social.

Lisa :  J’y suis allée un peu avant la semaine de la mode donc il y avait des mannequins des quatre coins du monde. C’était bien de voir leur manière de penser, car c’était vraiment ma première participation à cela : casting et tout. Je n’ai pas aimé du tout. D’autres aiment, mais ce n’est pas fait pour tout le monde.

Cindy : Pour terminer avec la partie mannequinat, quel est ton objectif de carrière ? Tu dis que tu n’aimes pas, mais quel est ton objectif ? Est-ce que tu veux en faire juste à temps partiel, ou à temps plein ?

Pragmatique, belle et intelligente… Lisa nous a permis d’entrer dans son univers, de visiter un bout de chez elle à Cape Town et nous espérons avoir réussi à en extraire le meilleur pour vous.

Quelques clichés d’elle : 

Remerciements :

Ikhaya Mossi – Relisez l’article de la créatrice Aminata Ndiaye ici

 

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